CONSEIL MUNICIPAL
Jeudi 2 février 2012 délib. 2012- 01
Développement durable
Rapport annuel
Intervention de Marcelle Monzeglio
Conseillère municipale, groupe ˝Grasse à Tous
Nous avons pris connaissance de ce rapport, rapport étant d’ailleurs une obligation légale issue du Grenelle de l’Environnement pour les collectivités de plus de 50 000 habitants.
Nous prenons note de l’effort engagé par les services, et du travail effectué pour en rendre compte.
Nous ne pouvons que souscrire au projet de sensibiliser l’ensemble des personnels de la mairie, des partenaires et des citoyens-nes à des démarches de développement durable. La liaison avec le
sommet de Rio de 1992 est peut-être un peu laborieuse, d’autant que malheureusement, ces grandes réunions au sommet n’ont pas spécialement été suivies de grands projets internationaux ou
nationaux très efficaces.
L’appropriation de la démarche par tous les acteurs du territoire municipal relève d’un souhait louable, mais surtout d’un travail de longue haleine. La volonté de mise en route d’un
processus qui met « les politiques et les pratiques en harmonie avec les finalités du développement durable » implique l’analyse des politiques mises en place, et là, nous avons des
réserves à formuler.
Dans un catalogue relativement exhaustif, où se côtoient des sujets mineurs et de gros dossiers, nous relevons des insuffisances et des contradictions.
Dans le dossier de l’assainissement, il est regrettable, pour certains quartiers, que les extensions n’aient pas pris en compte tous les riverains qui auraient pu être raccordés au réseau, au
prix de quelques aménagements complémentaires.
Pour d’autres secteurs, c’est le manque de projets d’extension qui est en cause.
Des particuliers rencontrent de gros problèmes techniques et financiers. La loi sur l’eau date de 1992, les aides sont passées de 70% des travaux à…une prime de 2600 euros en 2011 et qu’en
sera-t-il demain ? La collectivité se décharge sur les particuliers concernés, des conséquences de la prise en compte tardive des mises en conformité au demeurant
nécessaires.
En ce qui concerne les déchets, nous ne pouvons pas souscrire à un rapport consensuel et positif.
Trois domaines sont à prendre en compte :
1/ Produire moins de déchets
2/ Trier et recycler plus et mieux
3/ Stocker les résidus que nous ne savons pas recycler, pour, dans un avenir peut-être plus proche que nous ne l’imaginons, avoir une réserve de matières réutilisables
Les trois points que je cite méritent un grand projet sur un territoire qui dépasse largement notre commune. En ce qui concerne les deux premiers :
produire moins de déchets et le tri sélectif, devraient être plus ambitieux, avec un projet plus abouti, qui inclurait par exemple les écoles primaires de la ville de Grasse. Un projet qui
inciterait à long terme toutes et tous en diminuant volumes produits et coût.
Le troisième point, est totalement ignoré au profit d’une incinération choisie au mépris du débat citoyen et d’un contre- projet présentant une réelle alternative dans le cadre du développement
durable.
Je ne reviens pas sur d’autres secteurs, activités commerciales, logements,…qui nécessiteraient une approche différente pour mériter l’étiquette « développement durable ». La même réflexion
pourrait être développée pour les espaces verts, la trame verte et bleue du SCOT, pour la préservation de terres agricoles qui pourraient devenir une base d’approvisionnement de proximité.
Les projets de transports en commun, celui du funiculaire (accompagné de chiffres de fréquentation à venir improbables) soulèvent également des questions que nous avons déjà eu l’occasion
d’aborder.
C’est toute la question des choix politiques que nous posons : sortir d’inventaires à la Prévert, de campagnes ponctuelles, pour engager des projets qui s’insèrent dans la vie au quotidien du
plus grand nombre, qui pourrait impliquer une plus grande partie de la population dans la réflexion, l’élaboration de projets innovants et permettre un passage aux actes plus
convainquant.
Des annonces sont faites, des choix sont annoncés mais les décisions qui devraient être prises ne le sont pas et les situations se dégradent.
Alors, ce catalogue de mesures, en application de la loi, ne peut suffire à construire une politique de développement respectueux de l’humain, de l’environnement et soucieux des générations à
venir.
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