Communiqué de la LDH

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

LDH- section cannes-grasse
Cannes le 25 février 2012
 

 

COMMUNIQUE
Mort de Hakim Ajimi : trois policiers condamnés
Sur les 7 policiers impliqués dans la mort du jeune Hakim Ajimi à Grasse, les deux membres de la BAC et le
policier municipal ont été condamnés, selon les réquisitions du Parquet, de 6 à 24 mois de prison avec sursis,
4 ont été acquittés.
Disons-le immédiatement : la mort d’un homme, consécutive à des violences policières illégitimes perpétrées
avec « inhumanité… abus inutile de l’usage de la force …et… barbarie » ainsi que le soulignait dans son
rapport la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) ne sera jamais réparée et surtout pas
par quelques mois de prison avec sursis. Ce jugement ne peut apaiser le désir de justice de la famille du
supplicié, mort d’une « lente asphyxie mécanique » ainsi que le concluait le rapport d’autopsie.
Si l’on considère en effet le contenu extrêmement sévère du rapport de la CNDS, repris à son compte par le
procureur qui qualifie sans complaisance aucune l’action des policiers, on pouvait être en droit d’attendre
plus de sévérité dans ses recommandations. Il n’en fut rien et face à ce jugement, la section Cannes-Grasse
de la LDH constate qu’une fois de plus, que le principe d’un certain préalable d’impunité de la police prévaut
encore et ne place pas tous les citoyens à égalité devant la loi et encore moins lorsque cette police intervient
contre un jeune homme d’origine arabe.
Néanmoins, après une longue suite de violences policières entrainant mort d’homme, en France, où les
membres des minorités visibles ont été les principales victimes, mais où surtout la Justice refusait de
sanctionner ces homicides, aujourd’hui à Grasse des magistrats ont osé, quoi qu’il en soit, sanctionner la
barbarie. La LDH estime cependant que les peines infligées ne sont pas à la hauteur des responsabilités
policières, largement avérées et reconnues, dans la mort d’un homme.
Enfin, elle invite les syndicats policiers, au lieu de défendre ceux qui ne sont que des policiers perdus,
élargissant ainsi outrageusement la faute, par corporatisme, à l’ensemble de la police, à se battre avec la
hiérarchie policière pour obtenir une formation de ses agents qui ne leur permette plus de commettre de tels
actes lors d’interpellations.
C’est avec la conviction qu’il est du devoir de la République d’imposer un « plus jamais ça », que la LDH
soutient la famille Ajimi et leurs amis dans leur volonté que vérité et justice triomphent. Et surtout elle
continuera à leurs côtés ce combat qui n’est rien d’autre que celui des droits de l’Homme et l’exigence
fondamentale d’une justice égale pour tous.
Henri ROSSI
Président de la section

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